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Le sort des voitures autonomes se joue cette semaine à Genève, loin des projecteurs

Par Vincent Lautier - Publié le

C'est loin des démos spectaculaires de la Silicon Valley que se joue une bonne partie de l'avenir des voitures autonomes. Le groupe de travail de la CEE-ONU dédié aux véhicules automatisés tient cette semaine à Genève une session décisive, avec un vote prévu ce 24 juin sur les règles de conduite assistée, pendant que se prépare le futur cadre mondial des vrais systèmes autonomes, attendu pour le milieu de l'année.

Le sort des voitures autonomes se joue cette semaine à Genève, loin des projecteurs


Genève, capitale discrète de la réglementation automobile



On l'ignore souvent, mais c'est un forum de l'ONU installé à Genève depuis 1952 qui harmonise les règles techniques des voitures du monde entier, et son groupe spécialisé, le GRVA, s'occupe désormais des véhicules automatisés et connectés. Sa 25e session, étalée entre Montréal et Genève, doit voter ce 24 juin des amendements au règlement onusien numéro 171 sur l'aide à la conduite, juste avant que le Forum mondial ne se réunisse du 23 au 26 juin pour examiner un texte bien plus ambitieux, une méthode commune de validation des voitures réellement autonomes. Tout l'enjeu est là. Qu'un système approuvé dans un pays soit reconnu partout, au lieu du patchwork de règles nationales qui freine le secteur. D'autant plus on le sait, certains pays sont à l'aise avec l'idée d'avancer vite, alors que d'autres préfèrent attendre une harmonisation des règles, c'est probablement le cas de la France d'ailleurs.

Le sort des voitures autonomes se joue cette semaine à Genève, loin des projecteurs


De la simple aide à la conduite à la vraie autonomie



Le sujet se découpe en cinq niveaux d'automatisation, et tout le monde est loin d'être au même niveau. Les deux premiers, ces aides qui tiennent la trajectoire ou la distance, équipent déjà la plupart des voitures neuves, alors que le niveau 3 où l'on peut lâcher le volant sur autoroute jusqu'à 130 km/h est encore rare, et le niveau 4 sans conducteur n'existe encore nulle part en série. Le précédent règlement adopté en février, applicable en septembre, encadre avant tout ce que les spécialistes appellent le niveau 2++, des systèmes qui en font déjà beaucoup mais réclament quand même un conducteur attentif en permanence. Le futur texte vise la vraie automatisation, là où la Convention de Vienne de 1968, qui obligeait le conducteur à garder le contrôle à tout instant, a longtemps servi de verrou, avant d'être assouplie en 2016.

Le sort des voitures autonomes se joue cette semaine à Genève, loin des projecteurs


Sécurité et flou juridique



L'argument de fond reste la sécurité, avec 1,2 million de morts par an sur les routes du globe, un bilan dramatique que l'automatisation pourrait alléger. Sauf que le Conseil européen de la sécurité des transports tire déjà la sonnette d'alarme, estimant que ces nouvelles règles ouvrent la porte à des voitures qui ressemblent à des véhicules autonomes, mais qui laissent la responsabilité à un conducteur qui pourrait être vite distrait. La question de savoir qui paie en cas d'accident, elle, est donc entière. Et pendant que Genève vote, Tesla pousse de son côté l'homologation de sa conduite autonome en Europe, avec plusieurs dossiers déposés au printemps. On n'est plus sur des questions théorique donc.



On en dit quoi ?



On a tendance à l'oublier, mais ce sont ces réunions discrètes de Genève, et pas les vidéos impressionnantes des influenceurs auto sur Youtube, qui fixent vraiment le calendrier de la voiture autonome. Un cadre mondial commun bien ajusté éviterait le casse-tête d'un système autorisé ici et recalé à la frontière, et c'est tant mieux pour ceux qui rêvent de lâcher le volant un jour, moi le premier. Et vous, vous révez aussi d'une voiture vraiment autonome ? Ou vous voulez encorez garder un peu de "plaisir de conduite" sous le coude ? Et surtout, est-ce que l'argument sécuritaire a du poids chez vous ? Ou vous vous en fichez un peu ?